samedi 5 juillet 2008

Beatriz Preciado

Beatriz Preciado est philosophe et professeure à Paris VIII de théorie du genre. Elle critique la division entre masculin et féminin qui établit la tradition hétérosexuelle. Elle propose une nouvelle sexualité qu'elle analyse dans le Manifeste contra-sexuel.

Je ne crois pas qu'il y ait des cellules qui soient masculines ou féminines. Le masculin et le féminin sont des concepts biopolitiques. La biologie est un processus techo-vivant, c'est-à-dire dans lequel sont déjà impliqués des processus de production et d'interprétation culturelle, et de plus, la science fonctionne en produuisant des métaphores performatives. A la naissance, le processus d'assignation sexuelle ne se réalise pas en faisant une analyse chromosomique ou génétique. Tu connais ton caryotype ? Non, moi non plus. Et pourtant, tu continues d'avoir la certitude absolue que ton genre est féminin/masculin sans connaitre ta carte chromosomique. C'est-à-dire que d'une certaine manière, l'assignation masculin/féminin à la naissance se fait selon des critères uniquement visuels, ça a avoir avec une esthétique, une esthétique du corps, de la sexualité et du sexe.
En principe, ce que nous devons accepter, c'est qu'il y a une multiplicité. Le corps est multiple. Le corps est plastique et a une multiplicité dans les expressions qui ne peuvent pas être réduits uniquement au féminin et au masculin. La catégorie du genre est inventée pour réduire cette multiplicité à la masculinité et à la féminité.

Le sexe, à partir du XVII°s se convertit en un objet du pouvoir, en un objet de la normalisation de la société, un objet de technique politique. Apparaissent à cette époque les identités sexuelles, qui n'existaient pas avant. L'apparition de l'hétérosexualité ou de l'homosexualité comme identités sexuelles normales ou perverses. C'est une invention de la modernité.

Si nous pensons à ces notions complètement réductrices de cerveaux masculins/féminins et de certains organes. Par exemple, pensons en l'absurde du scientifico-politique, de penser certains organes, comme le pénis, comme étant masculins, ou bien une hormone - comme la testostérone - comme étant une hormone féminine. Il y a une obsession sur la testostérone. C'est une hormone dont on va bientôt beaucoup parler. Elle va être une hormone fondamentale parce que c'est une des clés bio-politiques les plus importantes car c'est l'hormone qui participe à la construction bio-politique de la masculinité et par conséquent une hormone qui a toujours été comme dans une citadelle, une forteresse inaccessible. N'importe quel homme peut alelr dans une pharmacie, s'acheter des pillules et commencer un processus de féminisation ; alors que nous ne trouvons pas la testostérone en libre service. Elle est aujourd'hui toujours régulée, son accès est régulé par un essemble de systèmes politiques et étatiques. Il faut passer par une série de critères qui ont à voir avec la psychiatrie transexuelle pour y avoir accès.

La pornographie comme industrie bio-techonologique, comme une des tentacules du bio-pouvoir, opére en normalisant l'utilisation des organes, la relation entre les corps, la temporalisation et la spacialisation de la relation entre les corps. Ce que nous propose un film porno, c'est de la pédagogie du sexe. Elle ne représente pas la réalité du sexe, mais elle opère comme une machine performative qui produit des modèles de sexualité. Ils nous disent comment précisément nous devons utiliser les organes, dans quelles situations, avec qui, dans quels lieux, etc. Ca établit tout une série de distinctions entre les espaces publics et espaces privés, entre organes sexuels et non sexuels. La fellation apparait comme une technique spécifiquement sexuelle et qui de plus recquiert tout un tas d'apprentissages. Et pour cela, le film Gorges Profondes va montrer aux femmes américaines, et ensuite à toutes les femmes du monde par un processus de pédagogie globale, comment en faire une correctement.

Certains scientifiques ont profité de la peur qu'il y a eu du féminisme des années 80 pour se confronter au corps, à la corporalité parce qu'il parassait nous nous mener vers un déterminisme naturaliste, un déterminisme anatomique dans lequel on ne pouvait parler que d'hommes et de femmes.

Traduction de l'espagnol AleXAmaTh.

Posté par AleXAmaTh à 23:29 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Beatriz Preciado

    j'suis juste profondément perplexe quant à c'que j'avais compris -_-'

    *intéressant.

    Posté par Mélissa, mardi 8 juillet 2008 à 23:27 | | Répondre
  • en fait, je me demande si c'est bien la même chose que l'interview que tu m'as montrée. si c'est pas le cas, je me sens juste très conne

    Posté par Mélissa, mardi 8 juillet 2008 à 23:37 | | Répondre
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