AxHost, ou le littéraire malgré lui

vendredi 6 février 2009

Perdu dans ma chambre.

Perdu dans ma chambre, sans savoir quoi faire, je passe le temps, perdu dans ma chambre, au milieu d'un tas de disques éparpillés.
J'allume la télévision, je me mets à fumer, je bois une bière pour mon goûter, et je vais me saoûler de tant boire, je n'arrête pas de parler à ce mur.
Perdu dans ma chambre, je cherche dans le tirroir, un cachet, qui pourrait me détendre, qui pourrait m'enlever un peu de mon angoisse.
Je ne sais pas quel livre regarder, quelle revue à voir, c'est fini pour la télé, qu'est-ce que je pourrais faire, mon esprit commence à vibrer, à force de trop penser, qu'il n'y a rien de clair, dans ma solitude.
Perdu dans ma chambre, avec tout retourné, les heures passent, sans savoir quoi faire.


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samedi 5 juillet 2008

Beatriz Preciado

Beatriz Preciado est philosophe et professeure à Paris VIII de théorie du genre. Elle critique la division entre masculin et féminin qui établit la tradition hétérosexuelle. Elle propose une nouvelle sexualité qu'elle analyse dans le Manifeste contra-sexuel.

Je ne crois pas qu'il y ait des cellules qui soient masculines ou féminines. Le masculin et le féminin sont des concepts biopolitiques. La biologie est un processus techo-vivant, c'est-à-dire dans lequel sont déjà impliqués des processus de production et d'interprétation culturelle, et de plus, la science fonctionne en produuisant des métaphores performatives. A la naissance, le processus d'assignation sexuelle ne se réalise pas en faisant une analyse chromosomique ou génétique. Tu connais ton caryotype ? Non, moi non plus. Et pourtant, tu continues d'avoir la certitude absolue que ton genre est féminin/masculin sans connaitre ta carte chromosomique. C'est-à-dire que d'une certaine manière, l'assignation masculin/féminin à la naissance se fait selon des critères uniquement visuels, ça a avoir avec une esthétique, une esthétique du corps, de la sexualité et du sexe.
En principe, ce que nous devons accepter, c'est qu'il y a une multiplicité. Le corps est multiple. Le corps est plastique et a une multiplicité dans les expressions qui ne peuvent pas être réduits uniquement au féminin et au masculin. La catégorie du genre est inventée pour réduire cette multiplicité à la masculinité et à la féminité.

Le sexe, à partir du XVII°s se convertit en un objet du pouvoir, en un objet de la normalisation de la société, un objet de technique politique. Apparaissent à cette époque les identités sexuelles, qui n'existaient pas avant. L'apparition de l'hétérosexualité ou de l'homosexualité comme identités sexuelles normales ou perverses. C'est une invention de la modernité.

Si nous pensons à ces notions complètement réductrices de cerveaux masculins/féminins et de certains organes. Par exemple, pensons en l'absurde du scientifico-politique, de penser certains organes, comme le pénis, comme étant masculins, ou bien une hormone - comme la testostérone - comme étant une hormone féminine. Il y a une obsession sur la testostérone. C'est une hormone dont on va bientôt beaucoup parler. Elle va être une hormone fondamentale parce que c'est une des clés bio-politiques les plus importantes car c'est l'hormone qui participe à la construction bio-politique de la masculinité et par conséquent une hormone qui a toujours été comme dans une citadelle, une forteresse inaccessible. N'importe quel homme peut alelr dans une pharmacie, s'acheter des pillules et commencer un processus de féminisation ; alors que nous ne trouvons pas la testostérone en libre service. Elle est aujourd'hui toujours régulée, son accès est régulé par un essemble de systèmes politiques et étatiques. Il faut passer par une série de critères qui ont à voir avec la psychiatrie transexuelle pour y avoir accès.

La pornographie comme industrie bio-techonologique, comme une des tentacules du bio-pouvoir, opére en normalisant l'utilisation des organes, la relation entre les corps, la temporalisation et la spacialisation de la relation entre les corps. Ce que nous propose un film porno, c'est de la pédagogie du sexe. Elle ne représente pas la réalité du sexe, mais elle opère comme une machine performative qui produit des modèles de sexualité. Ils nous disent comment précisément nous devons utiliser les organes, dans quelles situations, avec qui, dans quels lieux, etc. Ca établit tout une série de distinctions entre les espaces publics et espaces privés, entre organes sexuels et non sexuels. La fellation apparait comme une technique spécifiquement sexuelle et qui de plus recquiert tout un tas d'apprentissages. Et pour cela, le film Gorges Profondes va montrer aux femmes américaines, et ensuite à toutes les femmes du monde par un processus de pédagogie globale, comment en faire une correctement.

Certains scientifiques ont profité de la peur qu'il y a eu du féminisme des années 80 pour se confronter au corps, à la corporalité parce qu'il parassait nous nous mener vers un déterminisme naturaliste, un déterminisme anatomique dans lequel on ne pouvait parler que d'hommes et de femmes.

Traduction de l'espagnol AleXAmaTh.

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L'Intello

Habitat Bureaux et autres lieux de freaks
Intelligence Beaucoup
Phrase favorite Demain, je mets des lentilles
Dangereux ? Hahaha, ils aimeraient bien
Obsession Les lunettes cul de bouteille
Notes Ne les embêtez pas, ils sont en train d'étudier, les pauvres..

L'INTELLO

Se dit de toute personne personne alternative qui marche dans la rue avec trois journaux sous le bras, avec son supplément culturel ou un magazine de critique littéraire. Il regarde le cinéma étranger TOUJOURS en version originale et est un fan inconditionnel de Jean-Luc Godard. Ils sont généralement d'accord sur le fait que Blade Runner est le meilleur film de l'histoire du cinéma. Ses références musicales : Björk, Vincent Delerm, Bob Dylan, Depeche Mode, Radiohead The Dandy Wahrols, et des compositeurs de BO ou « soundtrack » (enfin, des musiques de films quoi), surtout Philip Glass. Ils aiment bien aussi Belle & Sebastian, Cat Stevens, Janis Jopplin, Rose et Nacho Vegas.

mediteLes intellos sont considérés comme une version améliorée des très connus sous le nom de Bobos puisque les capacités intellectuelles de ces derniers ne sont pas suffisantes pour lire un livre de 200 pages ni pour avaler les suppléments culturels du week end (enfin, ils ne savent même pas qu'ils existent). Les Bobos généralement pallient leurs carences intellectuelles en s'achetant des compléments technologiques de dernière génération comme les produits de la pomme.

Le passé de l'intello.

Pour comprendre le pourquoi de sa condition, de son besoin d'isolement et d'autres étrangetés, il est important de connaître son passé. L'enfance, l'adolescence, les années de fac, ... Peut-être le profil de l'enfant futur intello est celui d'un enfant solitaire, incompris, qui n'aime pas jouer au football, mais qui parfois y joue quand même parce que comme on le sait bien la cour de récréation pourrait être décrite comme la société des lois non écrites, n'importe quel comportement d'autonomie peut être crucial et le cataloguer pour le reste de sa vie. Avoir des bonnes notes le rend mal à l'aise (paradoxalement c'est ce qui inspire le respect de ses autres camarades qui pour lui ne sont que des bavards).

Son enfance est passée entre les livres et les BD. Le cinéma commence à le passionner dès l'adolescence, il occupe aussi ses samedis après-midi à jouer des parties d'apothéose de jeux de rôles avec le reste des geeks de sa classe (d'autres fond_d_ecranincompris). Les lunettes rectangulaires n'avaient pas encore été inventées et les énormes rondes ne lui ont jamais bien allé. Il en est de même avec les cheveux, il n'a jamais trouvé cette coupe qui lui va si bien avant d'avoir bien atteint les dernières années de fac. Quand il commence déjà à s'habiller mieux, des fringues plus classes genre H&M, plutôt bon marché et sympa, c'est à ce moment là qu'il commence à s'intéresser aux filles et aux livres de philosophie qu'il utilise comme hameçon. Il sympathisera avec un professeur (un genre de maître) qui marquera sa vie avec qui partagera de longues discutions à la cafétéria de la fac pendant que ses autres camarades jouent aux cartes sur d'autres tables. Tout ceci finira par marquer et définir cette personnalité si caractéristique.

La journée idéale de l'intello.

Il se lève le matin, descend au kiosque acheter Libération et va à sa cafétéria habituelle. Pendant qu'on lui sert un café allongé et un croissant, il saute directement à la page des spectacles et pense « Rhan, il n'y a aucun ciné décent dans cette ville... » (dans le cas de l'intello provincial frustré). Il va à la FNAC et passe sa matinée entre les disques, les films et les livres. Moyenne de 50 minutes par section. Il appelle son ami et se donnent rendez-vous pour manger dans le vieux chinois du Quartier Latin du genre Blade Runner et ne laissent échapper aucun ravioli avec leurs baguettes. Ils discutent jusqu'à ce qu'on les mette dehors. Ils décident de se prendre un café dans le coin. Ils savent apprécier l'art contemporain au vu de ce qu'ils font pour voir des expos et lire des milliers de dépliants qui informent des prochains vernissageschomsky (il les ont la plupart du temps dans leur sac, sur une table à la maison, sur la porte du frigo, etc.)
Sujets de conversation : la piraterie, le dernier épisode de Six feet under ; de la date de sortie nationale du dernier film de Lars von Trier, des prochains concerts... Ils sont déjà devant la porte de la filmothèque. Ils se disent au revoir (l'intello va toujours seul à la filmothèque) et s'y rerencontrent dans la queue du guichet. Ils s'ignorent. En sortant, ils vont s'acheter une bouteille de vin et vont au repas-soirée de l'amie d'un ami. Il passe deux heures à refaire toute la filmographie de David Lynch avec un type et quand il est prêt à passer à l'action, elle part avec un Bobo. Horreur ! L'intello va se consoler avec le ça m'intéresse qu'elle lui a conseillé.

Différences fondamentales : en quoi peut-on confondre l'intello et le bobo :logo

Ils ont les deux un lecteur mp3 :
     Le Bobo : il en a acheté un, dernière génération, à la FNAC
     L'intello : il l'a gagné avec les point de Libé, en versant une somme symbolique.

Ils vivent les deux à Paris ou Lyon tôt ou tard :
     Le Bobo : Il y est allé pour faire un master de Documentation créative à Polytech ou un autre truc de design graphique très cher.
     L'intello : Il y est allé pour se débrouiller. Le job poubelle qui lui apporterait le plus serait d'être l'un de ces bonhommes en gilet vert à rayures jaunes qui pullulent dans les rayons de la FNAC. Il aura l'impression d'avoir un rôle en conseillant les clients sur la musique et le ciné et en étant connu ainsi dans le coin comme l'intello de la FNAC.

Les deux vont à des festivals de musique :
     Le Bobo : Il forcera sur la drogue et draguera à tort et à traverspistolet
     L'intello : Il se boit une bière et commente avec la fille d'à côté les fois où ils ont vu des concerts du groupe.

Face aux nouvelles technologies :
     Le bobo : il est équipé et maîtrise avec aisance les environnements de Mac et de Windows. Il n'y a aucun élément de dernière génération digitale qui ne lui résiste. Il édite toujours avec Photoshop toutes ses photos.
   L'intello : Plus habitué au monde analogique, il continue d'être un amateur des techniques de la vie de tous les jours. Développer des photos en noir et blanc est pour lui le summum de la photographie.

Les deux écoutent France Inter :
     Le Bobo : il écoute "La tête au carré", "Transeuropéenne", enfin, certains trucs d'actu, de sciences et de techonologie.
     L'intello : il ne rate aucun "Panique au Mangin Palace", "2000 ans d'histoire", "7/10", et connait les fréquences de France Inter dans plusieurs villes.

Apparences

Un intello n'a pas toujours de raisons de porter des lunettes, mais s'il en porte, elles seront rectangulaires avec une monture noire ou rouge. Cheveux dépeignés, pull col roulé, des pin's un peu partout de différentes tailles et motifs, un sac en bandoulière où il traîne son livre de chevet et les dépliants divers, toujours à la main.
Il a clairement deux options de style ou d'imaginaire
     Le londonien (trendy) : jean foncé avec sa ceinture, veste américaine en velours côtelé elle_siou non, chemise à rayures.
     Le parisien (oh la la) : pantalon en velours côtelé, veste à revers remonté, chemise et chapeau à large bord, du genre Jim Jarmusch.

Goûts

Aller à la FNAC
Fumer et rouler des cigarettes
Aller au festival de courts-métrages de sa ville
Retourner à la FNAC
Réciter des films
Lire un pavé de 500 pages minimum. Jamais un best seller (du genre Da Vinci Code)
Passer par la FNAC
Aller au Starbucks.
Écrire en gris sur MSN.
Jeter un œil aux nouveautés de la FNAC
Aller partout en vélo
Se toucher le menton
Écouter son mp3 et_lui_aussi
Aller prendre un café seul
Écrire des trucs dans son petit agenda qu'il ne montrera jamais à personne.

Films
Parmi les films obligatoires dans le canon officiel préférés de ces gens (?), nous trouvons :
π (Pi)
Requiem for a dream (il perd son statut de film culte car les bobos en aiment les  effets spéciaux)
Blade Runner (Ca, c'est du film culte, ils l'appellent bijou. "J'ai vu des choses que vous ne croiriez pas... attaquer des vaisseaux en flammes au delà d'Orion. J'ai vu des rayons C briller dans l'obscurité près de la porte Tannhäuser. Tous ces moment se perdront dans le temps comme des larmes sous la pluie. C'est l'heure de mourir." Ils le connaissent tous par coeur.)
Memento
Orange Mécanique

Vol au dessus d'un nid de coucou
Guerre et Paix.
Version soviétique de 1968. (le fait d'être soviétique rend ce film bon à leurs yeux)
Le Cuirassé Potemkine
Le Cercle des Poètes Disparus
Harry dans tous ses états.

Etudes

Travail social
Beaux arts
Architecture
Art dramatique
Philosophie
Psychologie
Linguistique et littérature
Anglais
Communication audiovisuelle (pour supplanter la critique de ciné)
Histoire de l'art (pareil)

Aliés

Wikipédia
D'autres fumeurs
Quelques freaks
Le prof de fac
D'ex-guitaristes
Des directeurs jp_2de musées

Ennemis :

Le BCBG
Les jackys
Les péteux
Les fashions
Ceux qui parlent, mangent et arrivent en retard au ciné
Les familles qui vont dans les grandes surfaces.

Intellos célèbres :

Noam Chomsky, le rouge, sans doute le plus connu
Björk
Vincent Delerm
L'intello de Scooby Doo
Lars Von Trier
Sofia Coppola
John Lennon et Yoko Ono
Jarvis Cocker
Michel Onfray
Brett Anderson
Audrey Hepburn
Cary Grant

L'anti-intello

Il existe l'évolution ultime de l'intello appelée Anti-intello, juste avant de commencer de mettre des lentilles ou de se faire opérer de la vue et d'avoir une copine avec un QI inférieur à 100.

Cette évolution de l'intello est due au fait qu'il s'est fatigué, principalement, de ne coucher avec personne, et ensuite, et du fait que ses amis n'aient pas de temps pour ses excentricités. L'intello-antiintello qualifie tout ce qu'il aime, car n'a pas de dignité, comme Tipique Intello. Par exemple, le dernier Ipode, BD underground américaine, café du Starbucks ou tableau de Roy Lichtenstein. Il cessera d'avoir des conversations de geeks, il deviendra employé de bureau et ira à des sorties de films commerciaux avec son/sa Jules.

Ce stade ultime est, sans aucun doute, la mort de l'intello.

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mardi 25 décembre 2007

Troyes y aime bi lent

Ca faisait longtemps que je n'étais venu écrire quelques pixels sur ce recoin d'Internet. Mais il faut avouer que les examens y sont pour quelque chose. J'ai disparu de la surface de la Terre pendant plus ou moins un moins. Mais bon. Je n'étais pas tout à fait seul. Mes Erasmus étaient là. Et ma compagne est revenue.
Voilà donc un semestre de terminé. Difficilement terminé. Mais terminé tout de même. C'est fou comme le froid, le travail, l'ambiance peut fatiguer. Fatiguer de tout. Épuisé. J'ai tout de même eu de plutôt bons résultats, ça réconforte.

Joyeux Noël quand même à tous.

AleX.

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Indochine à Nancy 10.12.07

IMGP4823Ca y est.
Le dernier.

Le Dernier Petit Tour d'Alice & June.


Je l'ai fait
.

Un Nicola au meilleur de sa forme,

Un concert final, IMGP4842

Un point d'orgue à un *grand rêve*.

Mon sang n'a fait qu'un tour.

En compagnie de                         deux amours.

                                                    Une
extase

Indochine








.IMGP4905

Merci.

AleXAmaTh.

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samedi 24 novembre 2007

Palabras sueltas

Una flor

                                               Del amor

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Con vigor

Sin rencor.

AleXAmaTh.

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dimanche 4 novembre 2007

No pasarán

Voici un chant républicain de la Guerre Civile espagnole, certes un chant de guerre, mais aussi et surtout un chant d'amour et d'espoir...

Cela fait du bien, de nos jours...

Vendrá la guerra, amor,
y en el combate
no habrá tregua ni freno
para el canto
sino poesia haciendo incontenible
del cañon, de fusiles libertarios.

Vendrá la guerra, amor,
y en el combate
nos fundiremos en las barricadas
defendiendo las hordas criminales
a punta de corazón, fuego y metralla
cavando sudorosos el futuro
en las faldas de la paz.

(¡ Aqui están los cachorros de Sandino !).

¡ No pasaran !
¡ Los venceremos, amor, no pasarán !
Si mañana que irrumpa el nuevo día
con su fiesta de pájaros y niños
aunque no estemos juntos, te lo juro
no, ! no pasarán !

Vendrá la guerra, amor
y yo me envolveré en tu sombra
invencible
como un fiero león protegeré
esta tierra y mis cachorros
y nadie, nadie detendrá esta victoria
armada de futuro.

¡ Hasta los dientes !
¡ Que truene hasta la frontera !
¡ Luchamos para vencer !
¡ No pasarán !

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mercredi 31 octobre 2007

Deuxieme bilan

Il est des lectures comme des auberges espagnoles, on n'y trouve que ce qu'on y apporte.  André Maurois.

Oui. Ma vie est un fouillis. Un joli désordre règne en maître dans ma tête. Il y a de tout et n'importe quoi. Un peu de poésie, écrasée pas des angoisses, une vague déprime, des airs d'Indochine, des amours non satisfaites, un poco de España, un raton-laveur, etc...

Maintenant, je suis en vacances, j'en ai une semaine. C'est tranquille. L'heure pour moi de me retourner, et de voir ce qu'il y a derrière moi (enfin, devant, puisque je me suis retourné...) Qu'est-ce que je vois ? Le mur (joli papier peint, cela dit). Non, métaphoriquement : mon premier mois et demi à la fac.

Difficilement commencé
, je tire finalement un bilan positif de la Fac de Lettres. Contrairement à ce que laissait présager mon optimisme bien connu, j'ai été bien accueilli par les personnes de ma classe (pardon, de ma promo). Finalement, les élèves de prépa ne sont peut-être pas des extraterrestres. A voir.
Les profs. Bon. Comme toujours - ce qui prouve bien qu'ils font partie d'une race d'être humains corrompus - mes profs sont des êtres farfelus, pour mon plus grand bonheur, ce qui ne m'empêche pas d'en regretter quelques uns.

Quelques habitudes reviennent me hanter, histoire de me montrer qu'on ne se défait pas si facilement que ça du passé, ou tout simplement parce que ça me plaît (mais ce n'est pas évident à avouer, ça fait moins poétique à raconter, ça fait trop skyblog, et le fait de le dire, ça le fait... AAAAAHHHH !!!!) : théâtre et choeur interlycée.

Je commence également à user les tables de la B.U., à dessiner des croix d'Indochine sur les tables, à avoir un budget machine à café faramineux, et à errer avec toujours des livres dans ma sacoche, ou à la main. Mieux encore, la classe de la classe : une main dans une poche, un café dans l'autre main, mon long manteau noir, mon sac à dos - ou ma besace - pendu à une épaule, et les yeux un brin rêveurs.

Je pense maintenant être un vrai étudiant de faculté.

Des petites Espagnoles et Italiennes sont venues chambouler mes habitudes souvent poussiéreuses. Je vis à des heures plus méditerranéennes, en passant des journées sans prononcer un mot de français. Du plaisir qui roule les R.

Je pense que l'on va arrêter les hostilités ici.

AleXAmaTh.

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dimanche 7 octobre 2007

Ca part, commes sable entre les doigts

C'est fou, ce sentiment d'impuissance.
Se sentir rien face à quelque chose qui paraissait accessible, pourtant.
Mais non.
Finalement, on n'est pas capable. Ou non, plutôt pas à la hauteur. Pas assez bien.

Alors, on laisse les choses se passer sous notre nez.

Alors, on serre les poings au fond de la poche.

Alors, on essaie de contenir l'explosion que l'on sent monter.

Alors, on essaie de ne pas faire cas à la gorge qui se serre.

Et on laisse couler une larme.

Ceci parait incompréhensible, mais moi, je me comprends.

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mardi 18 septembre 2007

Saint Bilan 1er, deuxième du nom, c'est simple, non ?

Et c'est reparti, comme promis, pour une longue et inintéressante série de bilans, plus ou moins inutiles. Plus ou moins pertinents.

J'ai donc effectivement lâchement abandonné la prépa et le monde des HK (qui sont devenus des KH maintenant), pour entrer dans une jungle plutôt hostile : la fac de lettres de Besançon. Oups pardon : de son vrai nom UFR-SLHS. Ne cherchez pas, c'est la fac. On aime compliquer les choses. En parlant de choses compliquées : l'emploi du temps, cette chose instable qui change sans que personne ne soit au courant... et bien c'est cela même qui, après avoir cru être enfin un grand puisqu'étudiant, nous fait nous rendre compte à quel point nous ne sommes rien dans l'immensité de l'univers. J'en suis déjà à quatre crises de nerfs (à penser : renouveler et augmenter les réserves de Lexomil).

Mais la fac et le CROUS sont aussi pleins de réjouissances : journée et nombreuses soirées en compagnie de mes petits protégés d'ERASMUS sont du concentré de bonheur. Nous sommes les Borrachos ! (comprenez saoûlards). France, Espagne, Italie, USA, Ecosse, Allemagne, Portugal, Méxique, Colombie, Moldavie, Japon sont représentés : joLi méLange.
Ils se moquent de mes habitudes, de mon accent, de mon hoquet post-repas, et n'arrivent pas à s'acclimater à la Franche-Comté et à la mentalité française.
On s'amuse donc beaucoup, et les fous rires sont nombreux.

Et puis, pour eux aussi, ce sont les premiers pas à la fac (la fuck ?). Entre compagnons de galère, on se serre les coudes.

Le mardi pour moi est un jour spécial : c'est le jour des cours de civilisation (civi) dans un amphi glacial, le jour du portugais (qui est purement génial), mais aussi et surtout le jour des répétitions du Choeur et Orchestre Interlycées, le jour des réunions de l'Association des Etudiants Internationaux de Besançon, et des soirées ERASMUS au Bar de l'U !!! (et bien sûr, le tout en même temps que le portugais, pour pimenter la chose !)

Bref que du bonheur.

Bon (ceci aussi les fait rire beaucoup), comme tout bon étudiant, je suis connecté dehors par wifi sur le Campus, assis en tailleur dans une cour en graviers, cependant, je me les gèle... et puis contrairement à ce que laisse supposer mon statut d'étudiant de fac (deuxième année de licence, s'il vous plaît), j'ai des choses à faire.

Sur ce, à bientôt

AleXAmaTh


PS : Mes amis de l'internat me manquent terriblement...

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La chambre d'amour.

Une fille et un garçon vivaient dans un village.
Une guerre divisait leurs familles. Leur droit d'exister était nié. Ils s'aimaient.
Ceci, on a l'impression de l'avoir déjà entendu.
Mais eux se laissaient transporter par leur amour. Cet amour, était comme une mort pour eux car ils vivaient cachés.
Morts, mais Princes. La plage était leur royaume. Leur Paradis. Bercés par la mer, lovés dans le sable, le soleil étendait une longue couverture sur leurs corps et leur amour.

Les villageois se mirent à les poursuivre.
Stéphane et Nathalie se cachèrent alors dans la grotte, au pied de la falaise. Et s'y enlassèrent pendant des heure, et pour la première fois, ils fondirent l'un dans l'autre.
C'était intense.
La mer monta et noya les deux jeunes faisant l'amour.
En famille désemparée, tout le monde se rendit sur la plage, et trouvèrent les corps de leurs enfants dansant parmi les vagues, portés par l'écume.
Unis dans le chagrin, tous décidèrent de nommer cette grotte "La Chambre d'Amour."

Qui vient aujourd'hui à la caverne est protégé à jamais par les deux amants forcés à s'aimer pour l'éternité par le grand océan.

AleXAmaTh.

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samedi 15 septembre 2007

Le petit rat porteur

Je n'ai pas le temps d'écrire plus..., je viens juste pour laisser les paroles de cette chanson, en hommage à un grand Monsieur qui nous a quitté vendredi.

Un bilan est en préparation.

{Refrain}
Il pleut sur mes lunettes
Je n'y vois plus très bien
Je dois avoir l'air bête
Je ne sens plus ta main
Il pleut sur mes lunettes
Tu parles d'un temps de chien
Il pleut sur mes lunettes
Ou bien j'ai du chagrin.

Et dire que c'est la dernière fois
Que nous nous voyons, toi et moi
Et dire qu'au moment de l'adieu
J'ai d'la buée devant les yeux
Je sais, c'était sans importance
Une nuit d'amour, moi j'm'en balance
On peut rester copain-copain
C'est beaucoup mieux, c'est même très bien !

{Au refrain}

Avoue que c'est vraiment marrant
De se quitter par ce sale temps
Heureusement qu'tu me connais bien
Et qu'tu sais que j'pleure pas pour rien
Mais les lunettes, avec la pluie,
Faudrait toujours qu'on les essuie
Ah ! Quand j'raconterai ça demain
Qu'est-ce qu'ils vont s'marrer, les copains !

Il pleut sur mes lunettes
Je n'y vois plus très bien
Je dois avoir l'air bête
Reste jusqu'à demain.
Je pleure sous mes lunettes
Pourquoi te le cacher ?
J'ai du chagrin, c'est bête,
C'est rien, je vais m'moucher
!

Paroles et Musique : Jacques Martin

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vendredi 7 septembre 2007

La fuck ??!

Le temps des cartables est revenu. Allez les enfants, on retourne à l'école !!

Quant à moi, après de longues et fastidieuses vacances, terminées par quelques jours de vendanges dans le Jura (l'acro-branche, pour moi, c'est terminé !), je suis de retour à Besançon.

J'ai accueilli Sonia, l'étudiante espagnole d'ERASMUS que j'ai le plaisir de parrainer. Ainsi que tout un groupe d'étudiants étrangers pour qui je joue, en autres, aux guides dans notre petite ville.
J'ai pu avec joie rencontrer quelques nouveaux hypokhâgneux, ma foi, fort sympathiques. La relève est assurée.

Le 17 septembre sera pour moi, et pour de nombreux étudiants de l'UFR SLHS, le jour de pendre le chemin de la Fac de Lettres. Ce seront mes premiers pas en fac... pas qui seront, sans le moindre doute, hésitants.. : nouvelles personnes, nouveaux profs, nouveaux locaux, nouvelles façons de s'organiser...
Les activités bureaucratiques commencent dès le 10.

Donc voilà, je commencerai une nouvelle série de bilans, pour cette année, dans ma construction en tant qu'être littéraire.

Bien à vous.

AleXAmaTh.

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mercredi 15 août 2007

Manifeste d'un littéraire

Est-ce qu'être littéraire est une malédiction...?

 

En quelque sorte, car hantés par Emma Bovary, Aliocha Karamazov, nous considérons la vie comme un livre. Le problème est que nous ne vivons pas, nous espérons de vivre, car nous souhaitons être des Julien Sorel, des Katow, tout en étant effrayé de devenir Rastignac ou de finir comme Werther...

Nous sommes des Paul et Virginie, voir des Daphnis recherchant sa Chloé, mais nous voulons un peu être des Valmont et des Merteuil, philosophant dans le boudoir...

Nous nous demandons si, dans le train, nous ne sommes pas à côté d'une Thérèse Desqueroux.

Déclamant que "je" n'est pas nous, nous recherchons cet autre ; et nous avons fait du Spleen notre idéal.

Certes, nous avons des références, des modèles de vie. Mais vivons-nous vraiment ? Sommes-nous nous-mêmes, ou bien passons-nous notre vie à essayer de devenir les personnages dont nous avons lu les histoires ?

C'est ça être littéraire. Mais c'est aussi indescriptible. Il faut l'être pour le comprendre et le ressentir.
On nous prend pour des farfelus car ce à quoi nous nous consacrons n'a pas d'application dans le réel... Certains maugréent, disant que cela ne sert à rien... peut-être.
La littérature ne sert peut-être à rien, mais au moins, elle rend plus humain. (J.M.)

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mardi 14 août 2007

Ma première fille s'appellera... Nostalgie

Pourtant, je sais apprécier le présent, même assez pour penser à l'avenir, mais parfois...

            ... je suis en décalage, comme un être envoyé du passé,

                               ... dans un futur qu'il ne saisit pas

              ... et pas de Dolorean pour me ramener.     

***

Et si les vieux avaient raison ? Et si avant, ... c'était mieux ...?

C'est vrai qu'en ce temps là, il y avait un monde à construire, et il y avait du travail.

Faire l'amour ne donnait pas le SIDA.

Fumer ne donnait pas le cancer. L'alcool non plus. Et c'était même une certaine classe.

Être de gauche avait un sens, on avait encore l'Espoir.

Et le bonheur était dans quelques pièces de monnaie.

Les gens savaient s'engager.

Et il y avaient des Sartre qui, à coups de plume et d'encre, bouleversaient le monde.

Et on savait jouer de la trompette dans les caves.


Il était bon être jeune en ces années là, années folles, de plaisir et d'insouciance.

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Love - John Lennon

Love is real , real is love
Love is feeling , feeling love
Love is wanting to be loved
 
Love is touch, touch is love
Love is reaching, reaching love
Love is asking to be loved
 
Love is you
You and me
Love is knowing
we can be
 
Love is free, free is love
Love is living, living love
Love is needed to be loved

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Quand l'esprit s'évade

C'est fou ce qu'il peut se passer dans une nuit... Il est passé minuit, et je suis encore devant mon ordinateur, contemplant ma solitude, alors qu'il y a longtemps que j'aurais pu m'évader dans mon pays imaginaire, aller rejoindre ceux qui y sont déjà.

Mais non.

Je suis encore là, avec Lennon Legend dans les oreilles._

Quelque chose m'empêche de partir. C'est drôle de penser cela, quand on a l'impression d'être coincé quelque part, n'attendant qu'une échappatoire.
J'ai l'impression de ne pas être moi-même... ou plutôt de ne pas être complet. Il me manque quelque chose. J'ai envie d'être amoureux. J'ai envie d'être furieusement romantique, et que l'on soit tendre avec moi, sachant m'apprécier tel que je suis, et non pas tel qu'on voudrait que je sois.
J'ai envie d'écrire des poèmes d'amour ; de dessiner des coeurs ; de rêvasser pendant des heures, l'être aimé à l'esprit, mais je n'ai personne à qui penser ; j'ai envie aussi de m'imaginer en train de réfléchir à la couleur de l'étiquette commune d'un interphone ; de penser à mon ***futur appartement***, qui sera blanc avec des éléments colorés, avec une pièce qui sera mon bureau et une immense bibliothèque, avec une salle de méditation ou j'entreposerai ce que j'ai d'Indochine ; de caresser une chevelure brune ; envie de rire ; d'être entouré ; de fumer un cigarillo dans un fauteuil, un verre de Moscatel à la main, laissant la Terre tourner.. J'ai envie

Mais je suis seul, dans une chambre à qui j'essaie de ressembler, seul à longueur de jour, dans une campagne hostile, qui ne veut pas me ressembler.

Je me pose des q.u.e.s.t.i.o.n.s. Et j'angoisse. Inexpliqué. J'angoisse sur ce que je pense, ce que je suis, sur ce que j'aurais pu être. Aurais-je été mieux si je n'avais pas fait telle ou telle bêtise, telle ou telle gaffe. M'aiment-ils encore...?

Et pourquoi est-ce que je cherche à justifier-mon-existence en croyant être capable "d'aider les autres", en arborant orgueilleusement une fausse maturité ; maturité que je n'ai pas, à cause d'une solitude pesante.

reveuse_crayonC'est dur de se sentir en rupture avec l'environnement dans lequel on vit, dans lequel on est né.

Et je repense au Sartre, au Stendhal, à l'Onfray, au Baudelaire, au professeur, à l'espagnol, que je voudrais être... car pouvant TOUT devenir, je ne sais pas QUOI devenir, et j'ai peur...

Moi qui prétends appuyer les autres.... est-ce que quelqu'un, ami ou amoureux, peut venir..? Venir se blottir contre moi, et me conter la beauté du monde, et me promettant de me le faire voir comme je n'ai jamais voulu le voir.   





oOOoooOoO

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lundi 6 août 2007

C'est kiradon - Romain Didier

Voici une chanson très amusante de Roman Didier, un artiste chantant sur des notes de jazz, un grand poète, maitrisant les mots.
Lui a fait "c'est kiradon" -- c'est con à dire --, on pourrait alors dire de lui : "Rodin Minier, quand un sculpteur va au charbon"...


Comme tu comprers tout à l'envends
    Et qu'ça m'embête
Dorénavaire, je vais tout fans
    Sans queue ni tête
P'tet qu'en caché la véritant
    Dans ces voyelles
Elle aura l'ter de t'arrivemps
    A la cervelle.

C'est kiradon, mais mon amaime, je t'our x2

C'en est assu, j'en ai plein le ké
    De tes silences
Dois-je y trouvu comme un déber
    D'indiférence ?
J'préfère pensal que t'as du mé
    Ne te déplaises
A intégrale les lois normer
    D'la langue française.

C'est kiradon, mais mon amaime, je t'our x2

J'te fais la casse sans que tu me four
    La moindre avance
Mes mots d'amasse, j'me les ramour
    J'les lance
Mais tout amite a ses limour
    Et moi de même
Fais gaffe qu'un jitte, je ne te cour
    Même si tu m'aimes.

C'est kiradon, mais mon amaime, je t'our x2

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samedi 21 juillet 2007

Marguerite Duras, L'Amant

image_24955557" Un jour, j'étais âgée déjà, dans le hall d'un lieu public, un homme est venu vers moi. Il s'est fait connaître et il m'a dit : « Je vous connais depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez jeune, je suis venu vous dire que pour moi je vous trouve plus belle maintenant que lorsque vous étiez jeune, j'aime moins votre visage de jeune femme que celui que vous avez maintenant, dévasté». Je pense souvent à cette image que je suis seule à voir encore et dont je n'ai jamais parlé. Elle est toujours là dans le même silence, émerveillante. C'est entre toutes celle qui me plaît de moi-même, celle où je me reconnais, où je m'enchante. "

Marguerite DURAS, L'Amant, incipit, 1984.

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jeudi 19 juillet 2007

Puedo escribir los versos más tristes esta noche - Pablo Nerdua

Puedo escribir los versos más tristes esta noche.

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Escribir, por ejemplo: "La noche esta estrellada,

Ecrire, par exemple : "La nuit est étoilée

"y tiritan, azules, los astros, a lo lejos".

Et les astres bleus grelottent au loin.

El viento de la noche gira en el cielo y canta.

Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante

Puedo escribir los versos más tristes esta noche.

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Yo la quise, y a veces ella también me quiso.

Je l’ai aimé, et quelques fois elle aussi m’a aimé.

En las noches como ésta la tuve entre mis brazos.

Dans les nuits comme celle-là je la pris dans mes bras.

La besé tantas veces bajo el cielo infinito.

Je l’ai embrassé tant de fois sous le ciel infini.

Ella me quiso, a veces yo también la quería.

Elle m’a aimé, et quelques fois moi aussi je l’aimais.

Cómo no haber amado sus grandes ojos fijos.

Comment ne pas avoir aimé ses grands yeux fixes.

Puedo escribir los versos más tristes esta noche.

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Pensar que no la tengo. Sentir que la he perdido.

Penser que je ne l’ai pas. Sentir que je l’ai perdue.

Oír la noche inmensa, más inmensa sin ella.

Ecouter la nuit immense, encore plus immense sans elle.

Y el verso cae al alma como al pasto el rocío.

Et le vers tombe devant l’âme comme la rosée sur le pâturage.

Qué importa que mi amor no pudiera guardarla.

Peu importe que mon amour n’eût pu la garder

La noche está estrellada y ella no está conmigo.

La nuit est étoilée et elle n’est pas avec moi.

Eso es todo. A lo lejos alguien canta. A lo lejos.

C’est tout. Au loin quelqu’un chante. Au loin.

Mi alma no se contenta con haberla perdido.

Mon âme est triste de l’avoir perdue.

Como para acercarla mi mirada la busca.

Comme pour l’approcher, mon âme la cherche.

Mi corazón la busca, y ella no está conmigo.

Mon cœur la cherche et elle n’est pas avec moi.

La misma noche que hace blanquear los mismos árboles.

La même nuit qui fait blanchir les mêmes arbres.

Nosotros, los de entonces, ya no somos los mismos.

Nous, ceux d’autrefois, nous ne sommes plus les mêmes.

Ya no la quiero, es cierto, pero cuánto la quise.

Je ne l’aime plus, c’est sûr, mais combien je l’aimai.

Mi voz buscaba el viento para tocar su oído.

Ma voix cherchait le vent pour toucher son oreille

De otro. Será de otro. Como antes de mis besos.

Autrement. Elle sera autrement. Comme avant mes baisers.

Su voz, su cuerpo claro. Sus ojos infinitos.

Sa voix, son corps. Ses yeux infinis.

Ya no la quiero, es cierto, pero tal vez la quiero.

Je ne l’aime plus, c’est certain, mais peut-être je l’aime.

Es tan corto el amor, y es tan largo el olvido.

L’amour est si petit, et l’oubli est si grand.

Porque en noches como esta la tuve entre mis brazos,

Parce que dans des nuits comme celle-là je la tenais dans mes bras.

Mi alma no se contenta con haberla perdido.

Mon âme est triste de l’avoir perdue.

Aunque éste sea el último dolor que ella me causa,

Même si c’est la dernière douleur qu’elle me cause,

y éstos sean los últimos versos que yo le escribo.

Et ceux-ci sont les dernier vers que je lui écrit.


Pablo NERUDA, Veinte poemas de amor, XX, 1924.

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