AxHost, ou le littéraire malgré lui

Histoire d'un littéraire qui doit s'assumer

jeudi 19 juillet 2007

Puedo escribir los versos más tristes esta noche - Pablo Nerdua

Puedo escribir los versos más tristes esta noche.

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Escribir, por ejemplo: "La noche esta estrellada,

Ecrire, par exemple : "La nuit est étoilée

"y tiritan, azules, los astros, a lo lejos".

Et les astres bleus grelottent au loin.

El viento de la noche gira en el cielo y canta.

Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante

Puedo escribir los versos más tristes esta noche.

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Yo la quise, y a veces ella también me quiso.

Je l’ai aimé, et quelques fois elle aussi m’a aimé.

En las noches como ésta la tuve entre mis brazos.

Dans les nuits comme celle-là je la pris dans mes bras.

La besé tantas veces bajo el cielo infinito.

Je l’ai embrassé tant de fois sous le ciel infini.

Ella me quiso, a veces yo también la quería.

Elle m’a aimé, et quelques fois moi aussi je l’aimais.

Cómo no haber amado sus grandes ojos fijos.

Comment ne pas avoir aimé ses grands yeux fixes.

Puedo escribir los versos más tristes esta noche.

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Pensar que no la tengo. Sentir que la he perdido.

Penser que je ne l’ai pas. Sentir que je l’ai perdue.

Oír la noche inmensa, más inmensa sin ella.

Ecouter la nuit immense, encore plus immense sans elle.

Y el verso cae al alma como al pasto el rocío.

Et le vers tombe devant l’âme comme la rosée sur le pâturage.

Qué importa que mi amor no pudiera guardarla.

Peu importe que mon amour n’eût pu la garder

La noche está estrellada y ella no está conmigo.

La nuit est étoilée et elle n’est pas avec moi.

Eso es todo. A lo lejos alguien canta. A lo lejos.

C’est tout. Au loin quelqu’un chante. Au loin.

Mi alma no se contenta con haberla perdido.

Mon âme est triste de l’avoir perdue.

Como para acercarla mi mirada la busca.

Comme pour l’approcher, mon âme la cherche.

Mi corazón la busca, y ella no está conmigo.

Mon cœur la cherche et elle n’est pas avec moi.

La misma noche que hace blanquear los mismos árboles.

La même nuit qui fait blanchir les mêmes arbres.

Nosotros, los de entonces, ya no somos los mismos.

Nous, ceux d’autrefois, nous ne sommes plus les mêmes.

Ya no la quiero, es cierto, pero cuánto la quise.

Je ne l’aime plus, c’est sûr, mais combien je l’aimai.

Mi voz buscaba el viento para tocar su oído.

Ma voix cherchait le vent pour toucher son oreille

De otro. Será de otro. Como antes de mis besos.

Autrement. Elle sera autrement. Comme avant mes baisers.

Su voz, su cuerpo claro. Sus ojos infinitos.

Sa voix, son corps. Ses yeux infinis.

Ya no la quiero, es cierto, pero tal vez la quiero.

Je ne l’aime plus, c’est certain, mais peut-être je l’aime.

Es tan corto el amor, y es tan largo el olvido.

L’amour est si petit, et l’oubli est si grand.

Porque en noches como esta la tuve entre mis brazos,

Parce que dans des nuits comme celle-là je la tenais dans mes bras.

Mi alma no se contenta con haberla perdido.

Mon âme est triste de l’avoir perdue.

Aunque éste sea el último dolor que ella me causa,

Même si c’est la dernière douleur qu’elle me cause,

y éstos sean los últimos versos que yo le escribo.

Et ceux-ci sont les dernier vers que je lui écrit.


Pablo NERUDA, Veinte poemas de amor, XX, 1924.

Posté par AleXAmaTh à 22:40 - Poésie (de la vraie !) - Commentaires [0] - Permalien [#]


dimanche 24 juin 2007

Ô moi, ô la vie - WW

O moi ! ô la vie ! Les questions sur ces sujets qui me hantent,
Les cortèges sans fin d'incroyants, les villes peuplées de sots,
Moi-même qui constamment me fait des reproche, (car qui est plus sot que moi, et qui plus incroyant ?)
Les yeux qui vainement réclament la lumière, les buts méprisables, la lutte sans cesse recommencée,
Les pitoyables résultats de tout cela, les foules harassées et sordides que je vois autour de moi,
Les années vides et inutiles de la vie des autres, des autres à qui je suis indissolublement lié,
La question, ô moi ! si triste et qui me hante -- qu'y a-t-il de bon dans tout cela, ô moi, ô la vie ?

Réponse.
Que tu es ici -- que la vie existe, et l'identité,
Que le puissant spectacle se poursuit et que peut-être tu y contruibueras un poème.

Walt WHITMAN, Leaves of Grass, 1855

Posté par AleXAmaTh à 23:17 - Poésie (de la vraie !) - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 23 mars 2007

L'Invitation au voyage - Charles Baudelaire

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du Mal, "Spleen et Idéal", LIII

Posté par AleXAmaTh à 22:31 - Poésie (de la vraie !) - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 29 octobre 2006

Queda prohibido - Pablo Neruda

Queda prohibido llorar sin aprender,
Levantarte un día sin saber qué hacer,
Tener miedo a tus recuerdos.

Queda prohibido no sonreír a los problemas,
No luchar por lo que quieres,
Abandonarlo todo por el miedo, no convertir en realidad tus sueños.

Queda prohibido no demostrar tu amor
Hacer que alguien pague tus deudas y el mal humor.

Queda prohibido dejar a tus amigos,
No intentar comprender lo que vivieron juntos,
Llamarles sólo cuando los necesitas.

Queda prohibido no ser tú ante la gente,
Fingir ante las personas que no te importan,
Hacerte el gracioso con tal de que te recuerden,
Olvidar a toda la gente que te quiere.

Queda prohibido no hacer cosas por ti mismo
No creer en Dios y hacer tu destino,
Tener miedo a la vida y a sus compromisos,
No vivir cada día como si fuera un último suspiro.

Queda prohibido echar a alguien de menos sin alegrarte,
Olvidar sus ojos, su risa,
Todo porque sus caminos han dejado de abrazarse,
Olvidar su pasado y pagarlo con su presente.

Queda prohibido no intentar comprender a las personas,
Pensar que sus vidas valen más que la tuya,
No saber que cada uno tiene su camino y su dicha.

Queda prohibido no crear tu historia,
No tener un momento para la gente que te necesita,
No comprender que lo que da la vida, también te lo quita.

Queda prohibido no buscar tu felicidad,
No vivir tu vida con una actitud positiva,
No pensar en que podemos ser mejores,
No sentir que sin tí este mundo no sería igual.

neruda

 

Il est interdit de pleurer sans apprendre,
De te lever un jour sans savoir quoi faire,
D'avoir peur de tes souvenirs.

 

Il est interdit de ne pas sourire aux problèmes,
De ne pas lutter pour ce que tu aimes
De tout abandonner par peur
De ne pas transformer tes rêves en réalité.

 

Il est interdit de ne pas démontrer ton amour,
De faire que quelqu'un paie tes dettes et ta mauvaise humeur.

 

Il est interdit d'abandonner tes amis,
De ne pas essayer de comprendre ce qu'ils ont vécu ensemble,
De les appeler juste quand tu as besoin d'eux,

 

Il est interdit de ne pas être toi-même devant tout le monde,
De simuler devant les personnes qui ne comptent pas pour toi,
De te faire remarquer juste pour qu'en se souvienne de toi
D'oublier tous les gens qui t'aiment.

 

Il est interdit de ne pas faire des choses pour toi-même,
De ne pas croire en Dieu et de décider ton destin,
D'avoir peur de la vie et de ses engagements,
De ne pas vivre chaque jour comme si c'était un dernier soupir.

 

Il est interdit de regretter quelqu'un sans en rire,
D'oublier ses yeux, son rire,
Tout parce que leurs chemins ont cessé de se croiser,
D'oublier son passé et de le payer avec son présent.

 

Il est interdit de ne pas essayer de comprendre les personnes,
De penser que leurs vies valent plus que la tienne,
De ne pas savoir que chacun a son chemin et son bonheur.

 

Il est interdit de ne pas créer ton histoire,
De ne pas avoir un moment pour le gens qui a besoin de toi,
De ne pas comprendre que ce que la vie te donne, elle te l'enlève aussi.

 

Il est interdit de ne pas chercher ton bonheur,
De ne pas vivre ta vie avec une attitude positive,
De ne pas penser qu'on peut être meilleur,
De ne pas sentir que sans toi ce monde ne serait pas le même.

Posté par AleXAmaTh à 00:07 - Poésie (de la vraie !) - Commentaires [0] - Permalien [#]
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