mardi 24 juillet 2007
Petit message...
... juste pour dire à mes nombreux non lecteurs que je pars en vacances pendants quelques jours dans mon Pays Basque chéri et mon Béarn adoré..!!
Les jardins de Pau

De quelle couleur est le Château blanc d'Henri IV ? (Pau)
San Sebastián (Donostia), España.
Je reviendrai avec des articles tous frais, en espérant qu'ils seront de meilleure qualité que jusqu'à maintenant.
Bien à vous.
AleXAmaTh.
samedi 21 juillet 2007
Marguerite Duras, L'Amant
" Un jour, j'étais âgée déjà, dans le hall d'un lieu public, un homme est venu vers moi. Il s'est fait connaître et il m'a dit : « Je vous connais depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez jeune, je suis venu vous dire que pour moi je vous trouve plus belle maintenant que lorsque vous étiez jeune, j'aime moins votre visage de jeune femme que celui que vous avez maintenant, dévasté». Je pense souvent à cette image que je suis seule à voir encore et dont je n'ai jamais parlé. Elle est toujours là dans le même silence, émerveillante. C'est entre toutes celle qui me plaît de moi-même, celle où je me reconnais, où je m'enchante. "
Marguerite DURAS, L'Amant, incipit, 1984.
jeudi 19 juillet 2007
Puedo escribir los versos más tristes esta noche - Pablo Nerdua
Puedo escribir los versos más
tristes esta noche.
Je peux écrire les vers les plus
tristes cette nuit.
Escribir, por ejemplo: "La noche esta estrellada,
Ecrire, par exemple : "La nuit est étoilée
"y tiritan, azules, los astros, a lo lejos".
Et les astres bleus grelottent au loin.
El viento de la noche gira en el cielo y canta.
Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante
Puedo escribir los versos más tristes esta noche.
Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.
Yo la quise, y a veces ella también me quiso.
Je l’ai aimé, et quelques fois elle aussi m’a aimé.
En las noches como ésta la tuve entre mis brazos.
Dans les nuits comme celle-là je la pris dans mes bras.
La besé tantas veces bajo el cielo infinito.
Je l’ai embrassé tant de fois sous le ciel infini.
Ella me quiso, a veces yo también la quería.
Elle m’a aimé, et quelques fois moi aussi je l’aimais.
Cómo no haber amado sus grandes ojos fijos.
Comment ne pas avoir aimé ses grands yeux fixes.
Puedo escribir los versos más tristes esta noche.
Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.
Pensar que no la tengo. Sentir que la he perdido.
Penser que je ne l’ai pas. Sentir que je l’ai perdue.
Oír la noche inmensa, más inmensa sin ella.
Ecouter la nuit immense, encore plus immense sans elle.
Y el verso cae al alma como al pasto el rocío.
Et le vers tombe devant l’âme comme la rosée sur le pâturage.
Qué importa que mi amor no pudiera guardarla.
Peu importe que mon amour n’eût pu la garder
La noche está estrellada y ella no está conmigo.
La nuit est étoilée et elle n’est pas avec moi.
Eso es todo. A lo lejos alguien canta. A lo lejos.
C’est tout. Au loin quelqu’un chante. Au loin.
Mi alma no se contenta con haberla perdido.
Mon âme est triste de l’avoir perdue.
Como para acercarla mi mirada la busca.
Comme pour l’approcher, mon âme la cherche.
Mi corazón la busca, y ella no está conmigo.
Mon cœur la cherche et elle n’est pas avec moi.
La misma noche que hace blanquear los mismos árboles.
La même nuit qui fait blanchir les mêmes arbres.
Nosotros, los de entonces, ya no somos los mismos.
Nous, ceux d’autrefois, nous ne sommes plus les mêmes.
Ya no la quiero, es cierto, pero cuánto la quise.
Je ne l’aime plus, c’est sûr, mais combien je l’aimai.
Mi voz buscaba el viento para tocar su oído.
Ma voix cherchait le vent pour toucher son oreille
De otro. Será de otro. Como antes de mis besos.
Autrement. Elle sera autrement. Comme avant mes baisers.
Su voz, su cuerpo claro. Sus ojos infinitos.
Sa voix, son corps. Ses yeux infinis.
Ya no la quiero, es cierto, pero tal vez la quiero.
Je ne l’aime plus, c’est certain, mais peut-être je l’aime.
Es tan corto el amor, y es tan largo el olvido.
L’amour est si petit, et l’oubli est si grand.
Porque en noches como esta la tuve entre mis brazos,
Parce que dans des nuits comme celle-là je la tenais dans mes bras.
Mi alma no se contenta con haberla perdido.
Mon âme est triste de l’avoir perdue.
Aunque éste sea el último dolor que ella me causa,
Même si c’est la dernière douleur qu’elle me cause,
y éstos sean los últimos versos que yo le escribo.
Et ceux-ci sont les dernier vers que je lui écrit.
Pablo NERUDA, Veinte poemas de amor, XX, 1924.










